Franchement, entre les taxes fixes et la TVA qui s'applique sur les accises (oui, une taxe sur une taxe, le concept me fascine toujours autant), c'est un gouffre. Rien qu'en faisant mes trajets de chantier en chantier la semaine dernière, j'ai vu l'addition s'envoler. Ça me rappelle un vieux client qui essayait de me faire facturer la TVA sur les frais de gestion, une vraie entourloupe administrative.
Pensez-vous que la fiscalité actuelle sur les carburants pèse trop sur le budget des automobilistes dans leur vie quotidienne ?
Cette histoire de TVA sur les accises, ça me replonge directement dans mes dossiers de mise en conformité des années 2000 où on voyait fleurir ce genre de millefeuille fiscal absurde. Quand on fait le calcul sur l'année, le poids sur les ménages est devenu tout bonnement indéfendable pour qui regarde les chiffres en face.
Tu parles de la TVA sur les accises, mais tu prends en compte quel profil de ménage exactement dans tes calculs ? Parce que le poids réel varie du simple au triple selon qu'on est en zone rurale sans transports ou en plein centre urbain bien desservi.
J'ai pris la base des foyers périurbains et ruraux qui font plus de 30 km par jour pour aller bosser, en gros ceux qui ont zéro alternative en transports en commun. Forcément si t'habites à deux pas d'un métro la question se pose moins, mais pour les autres l'impact direct sur le budget est juste flagrant.
En analysant les flux de déplacements périurbains par rapport aux données d'équipement en transports, la fracture géographique saute aux yeux. Programmer un modèle prédictif sur la consommation de carburant montre très vite que la variable géographique pèse bien plus lourd que le type de véhicule dans le coût global pour le foyer.
La variable géographique est effectivement le nœud gordien du problème, mais on oublie trop souvent de croiser ça avec le taux d'effort réel des ménages selon les déciles de revenus. Si on regarde les derniers rapports de l'INSEE sur les dépenses contraintes, un ménage du premier décile habitant en zone rurale consacre près de 14% de son revenu disponible net uniquement aux carburants pour les déplacements pendulaires, contre à peine 4% pour un cadre supérieur en première couronne urbaine. Ce grand écart démontre bien que l'impôt sur les produits énergétiques fonctionne comme une taxe forfaitaire hypocrite qui frappe aveuglément les plus bas salaires sous couvert de transition écologique. Quand on manipule des volumes de données sur les flux bancaires au quotidien, on voit très bien le moment exact du mois où les pleins d'essence se font à crédit ou par le biais de découverts autorisés qui coûtent une blinde en agios. Les gens s'étranglent sur la double imposition de la TICPE et de la TVA, et pour cause, puisque l'État encaisse une plus-value mathématique sur chaque augmentation du baril brut sans avoir à lever le petit doigt. Les modélisations prédictives que j'ai pu croiser récemment montrent que même avec une baisse de dix pour cent du kilométrage moyen parcouru par contrainte professionnelle, la facture globale continue d'enfler à cause de l'indexation insidieuse des taxes indirectes. Arrêtons de faire semblant de découvrir la lune avec des rustines tarifaires temporaires ou des chèques carburant ridicules qui ne couvrent même pas trois semaines de déplacements réels. Tant qu'on refusera de remettre à plat la progressivité globale de notre fiscalité indirecte, on continuera de saigner à blanc la France périphérique tout en remplissant les caisses publiques sur le dos de ceux qui n'ont strictement aucune alternative viable pour aller pointer le matin.
Ces chiffres sur les déciles de revenus rappellent un peu la logique des vieux barèmes d'imposition qu'on devait décortiquer à l'ancienne dans nos grilles, avant la dématérialisation totale. Pour atténuer un minimum la note au quotidien, certains foyers s'organisent en mettant en place du covoiturage régulier pour les trajets de boulot, ce qui permet de diviser les frais par deux ou trois selon le nombre de participants. Ça ne résout pas le problème de fond de la structure des taxes, mais ça soulage un peu les comptes à la fin du mois en attendant des mesures plus justes.
Le covoiturage, c'est l'option maligne pour faire baisser la note, mais ça demande une logistique d'horloger suisse le matin. Entre les retards des uns et les impératifs des autres, c'est parfois un autre type de contrat d'assurance à gérer au quotidien !
Gérer les plannings de tout le monde pour du covoiturage relève effectivement du parcours du combattant, surtout quand les horaires de bureau se rigidifient. Ce genre de combine montre bien à quel point les usagers doivent bricoler des solutions de survie face à une fiscalité aveugle qui ne s'adapte jamais aux réalités du terrain.
Ces solutions D'appoint dépannent bien, mais on en revient toujours au même point d'inflexion : le système taxe l'absence d'alternative au lieu d'investir massivement là où les transports font défaut. Tant qu'on traite le problème par le bout de la rustine, les ménages les plus fragiles continueront de porter seuls le poids de la transition.
Ces rustines tarifaires me rappellent les rustines réglementaires qu'on nous demandait d'appliquer dans les années 90 pour colmater les brèches d'une directive mal ficelée. Tant qu'on s'attaquera pas à la racine de la structure fiscale, on continuera de rajouter des couches sans jamais régler l'iniquité de fond.
À force de colmater des brèches avec des mesurettes, on finit par passer plus de temps à bricoler des rustines réglementaires qu'à analyser les vrais bilans carbone. D'ailleurs, en parlant de rustines, ça me fait penser au nombre ahurissant de rapports ESG qui contiennent plus de greenwashing que de données vérifiables sur les flottes de véhicules d'entreprise. Pour en revenir à notre fiscalité, tant qu'on refusera de regarder en face l'injustice sociale de ces taxes indirectes, aucun rapiéçage administratif ne sauvera le budget des ménages.
C'est tout à fait ça, on en revient toujours à ce millefeuille de mesurettes qui donne l'impression de secouer un prunier pour récolter trois pommes. En y repensant, ça me fait penser à ce fameux projet de refonte du système de badgeage qu'on nous avait imposé il y a quelques années : on avait passé des mois à rajouter des couches de validation pour au final bloquer tout le monde devant les tourniquets. Bref, tant que les décisions fiscales seront prises hors sol sans regarder le vrai coût du kilomètre pour la France périurbaine, on continuera de pédaler dans la choucroute avec nos tableaux Excel.